J'ai une confession à te faire.
Lundi dernier, je me suis couché en me disant :
"Demain, je m'y mets. Je fais ma séance de sport que je repousse depuis plusieurs jours."
Je l'ai pensé très fort. J'ai même visualisé la scène. Moi et mon tapis de sport en train de faire ma séance.
Et puis le lendemain, je ne l'ai pas fait.
Le pire ? Je ne m'en suis même pas voulu. Parce que dans ma tête, j'avais déjà le mérite de quelqu'un qui s'y était mis.
En fait, ces bonnes intentions sont un piège. Elles nous procurent la satisfaction de l'action, sans son coût.
C'est comme dépenser de l'argent qu'on n'a pas gagné. On se sent vertueux. On se sent productif. On se sent courageux. Sans avoir bougé d'un centimètre.
Et c'est exactement pour ça qu'elles sont si dangereuses : elles sont tellement confortables qu'elles remplacent le passage à l'acte.
Tu te dis "je devrais appeler mes parents plus souvent" et tu ressens déjà la chaleur du bon fils ou de la bonne fille.
Tu te dis "je vais me remettre au sport" et tu te sens déjà un peu plus en forme.
Sauf que rien n'a changé. Juste ton confort mental.
Il y a un exercice simple qui remet les pendules à l'heure.
En fin de journée, au lieu de te demander "est-ce que j'avais de bonnes intentions aujourd'hui ?", pose-toi une seule question : "Qu'est-ce que j'ai réellement fait ?"
Pas ce que tu avais prévu. Pas ce que tu aurais aimé faire. Ce que tu as fait.
L'écart entre les deux, ce n'est pas de la culpabilité. C'est ce qu'il se passe vraiment.
Ça te montre exactement où tes valeurs sont réelles et où elles ne sont que décoratives.
Benjamin Franklin faisait ça tous les soirs.
Il avait un tableau avec 13 vertus et il cochait, chaque jour, celles qu'il avait réellement pratiquées.
Pas celles qu'il avait l'intention de pratiquer.
C'est probablement un des premiers "habit trackers" de l'histoire.
Maintenant, la question c'est : comment fermer ce fossé entre l'intention et l'action ?
La réponse est brutalement simple : on remplace l'intention vague par un plan ridiculement précis.
Au lieu de "je vais me remettre au sport", tu dis : "Mardi à 12h30, je mets mes baskets et je marche 15 minutes autour du quartier."
C'est ce qu'on appelle l'implémentation d'intention.
Et ça marche parce que le vrai problème, ce n'est pas le manque de motivation, c'est le manque de clarté.
Ce lundi soir où je m'étais couché avec ma belle intention ?
Le lendemain, au lieu de refaire la même erreur, j'ai sorti mes affaires de sport. Pas grand chose. Mais trente minutes plus tard, j'avais fini ma séance.
Alors cette semaine, j'ai une question pour toi : c'est quoi, ta bonne intention qui traîne depuis des semaines ?
Et surtout : c'est quoi la plus petite action que tu pourrais faire aujourd'hui pour la transformer en réalité ?
Pas demain. Aujourd'hui.
« Ne préférez jamais une grande bonne intention à une petite bonne action. »
— Marie Valyère
« Vivez pour autrui afin de vivre pour vous-même. »
— Sénèque, Les lettres à Lucilius (vers 64 ap. J.-C.)
« La connaissance devient sagesse quand elle devient votre propre expérience. »
— Yogi Bhajan
« Toute comparaison cloche en quelque chose. »
— Proverbe irlandais
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