Le stoïcisme, c'est pas une philosophie poussiéreuse. C'est une façon concrète de traverser la vie avec moins de résistance et plus de clarté. 8 habitudes tirées de cette philosophie, intégrées une à la fois.
Il y a quelques années, j'ai découvert le stoïcisme.
Pas le truc des manuels de philo. La version concrète : une façon de traverser la vie avec moins de résistance, moins de bruit mental, plus de clarté sur ce qui compte vraiment.
La promesse du stoïcisme est simple et radicale. Le bonheur ne dépend pas de ce qui t'arrive. Il dépend uniquement de comment tu y réponds. Tout le reste, la météo, les autres, ce qu'on pense de toi, c'est hors de ton contrôle. Et s'obstiner à vouloir maîtriser ce qui ne l'est pas, c'est là que commence la souffrance.
Voilà 8 habitudes tirées de cette philosophie que j'ai intégrées dans mon quotidien. Pas toutes d'un coup. Une à la fois.
Comprendre ce qui relève de toi
"Il y a des choses qui dépendent de nous, il y en a d'autres qui n'en dépendent pas." — Épictète
C'est le fondement de toute la philosophie stoïcienne. La dichotomie du contrôle.
Dans une journée, il peut se passer des dizaines de choses imprévues. Un accident sur la route qui te met en retard. Une réunion qui change de créneau. Une critique que tu n'as pas demandée.
Tu ne peux pas contrôler ce qui t'arrive. Mais il y a une chose que tu es le seul à pouvoir maîtriser : ta réaction.
Au lieu de t'énerver contre un bouchon, tu peux en profiter pour écouter un podcast. Au lieu de ruminer une critique, tu peux choisir si elle mérite ton attention ou non.
C'est en apprenant à te concentrer uniquement sur ce que tu contrôles que tu arrêtes de perdre de l'énergie sur tout le reste. Sur le long terme, tu te sentiras beaucoup plus léger et en accord avec toi-même.
Te rappeler que ton temps est limité
"Le problème n'est pas que nous disposions de peu de temps, c'est plutôt que nous en perdons beaucoup." — Sénèque
Ton temps est ta ressource la plus précieuse. Et le problème, c'est qu'on ne sait pas de quelle quantité on dispose.
Les stoïciens avaient un concept pour ça : memento mori. Souviens-toi que tu mourras. Pas pour être morbide, mais pour redonner du poids à chaque moment.
Ça change quelque chose quand tu regardes ta journée depuis cet angle. Est-ce que ce que tu fais là compte vraiment ? Est-ce que cette inquiétude, cette hésitation mérite autant d'espace dans ta tête ?
Profite déjà du présent. Pas dans dix ans, pas quand les conditions seront parfaites. Maintenant.
Ne pas remettre les choses à plus tard
"Rappelle-toi depuis combien de temps tu remets à plus tard et combien de fois, tu ne les as pas mises à profit." — Marc Aurèle
Ton cerveau est câblé pour préférer la récompense immédiate. Réviser un examen ou regarder une série ? La série gagne à chaque fois, sauf si tu reprogrammes consciemment ce calcul.
La procrastination n'est pas un problème de motivation. C'est un problème de perspective temporelle. Tu sacrifies ton "futur toi" pour ton "toi d'aujourd'hui".
Pense à lui. Imagine comme il te sera reconnaissant d'avoir travaillé quelques heures pour qu'il puisse se reposer sans ce poids sur la conscience.
Le plus gros problème en remettant constamment au lendemain, c'est qu'on finit par se retrouver submergé. Tout ce qu'on n'a pas fait au bon moment revient en même temps.
Continuer d'apprendre
"Prends le temps d'apprendre quelque chose de bon et cesse de papillonner." — Marc Aurèle
La curiosité est une vertu stoïcienne. Rester ouvert à apprendre, c'est rester humble face à tout ce qu'on ne sait pas encore.
J'ai comme un besoin d'apprendre quelque chose de nouveau chaque jour. Un livre, un podcast, une vidéo. Sur des sujets variés, pas forcément liés à ce que je fais.
Ce n'est pas de la dispersion. C'est une façon de mieux appréhender le monde et les gens qui t'entourent. D'avoir une perspective plus large quand tu dois prendre des décisions.
Pas besoin d'y consacrer une heure par jour. Quelques minutes en début ou en fin de journée suffisent. L'important, c'est la régularité.
Arrêter de te faire des films
"On souffre plus de notre imagination que de notre réalité." — Sénèque
Avant une présentation orale, avant un entretien, avant n'importe quelle situation un peu stressante, le cerveau fait son travail : il imagine tous les pires scénarios.
Tu vas bégayer. Tout le monde va s'en moquer. Tu vas tout oublier.
Mais en soi, ça a combien de chances d'arriver ?
90% de tes pensées négatives n'arriveront jamais. Et même si quelque chose se passe mal, les autres sont humains. Ils perdent aussi leurs mots. Ils font aussi des erreurs. La plupart du temps, ils ne remarquent même pas ce que toi tu remarques.
C'est en apprenant à faire la part des choses que tu réussis à relativiser et à te lancer.
Contempler la nature
"La considération et la contemplation de la nature sont comme la nourriture naturelle des âmes." — Cicéron
J'habite en ville, mais j'ai la chance d'être proche du parc de la Tête d'Or à Lyon. Dès que je peux, j'y vais. À pied, à vélo, peu importe.
Ce que j'ai remarqué, c'est que peu importe dans quel état j'arrive, je me sens toujours différent en repartant. Plus calme. Plus centré.
La nature remet les choses à leur place. Dans un monde où tout bouge si vite, elle reste un point de repère. Elle existe bien au-delà de nos préoccupations du moment, et ça relativise énormément.
Prendre du temps chaque semaine pour te rapprocher de la nature, c'est te donner la possibilité de prendre du recul sur ce qui t'agite.
Anticiper les difficultés
"Quelle que soit l'épreuve qui te menace, n'attends pas qu'elle t'atteigne, regarde-la venir." — Sénèque
Les stoïciens pratiquaient ce qu'on appelle la visualisation négative : anticiper les obstacles et les difficultés avant qu'ils arrivent, pour s'y préparer mentalement.
Ce n'est pas du pessimisme. C'est de la préparation.
Si tu sais qu'une conversation difficile t'attend, imagine-la. Comment tu vas te sentir ? Comment tu veux réagir ? Si tu anticipes une période chargée, prépare ton organisation en conséquence.
De cette façon, si l'obstacle arrive, tu n'as plus à gérer l'effet de surprise en plus du problème lui-même. Tu as déjà réfléchi à comment le traverser.
Attention cependant à ne pas tomber dans l'excès : anticiper les difficultés, ce n'est pas imaginer des catastrophes qui n'arriveront jamais.
Éviter les critiques inutiles
"Songe que tout n'est qu'opinion, et que l'opinion elle-même dépend de toi." — Marc Aurèle
On accorde énormément d'importance à l'avis des autres. Au point de parfois faire des choses qui ne nous correspondent pas juste pour être accepté ou validé.
Mais tu ne peux pas contrôler ce que les gens pensent de toi. Tu peux uniquement contrôler ce que tu fais.
Une phrase que j'essaie de garder en tête : n'écoute pas les critiques des personnes dont tu n'écouterais pas les conseils. Si tu ne ferais pas confiance à quelqu'un pour te guider sur un sujet, pourquoi laisserais-tu son jugement t'affecter ?
Ça ne veut pas dire ignorer tout le monde. Les retours des gens en qui tu as confiance sont précieux. Mais le bruit ambiant, les opinions des inconnus sur les réseaux, les critiques gratuites, ça peut rester là où ça est.
Le stoïcisme n'est pas une doctrine à appliquer à la lettre. C'est une boîte à outils.
Certaines de ces habitudes vont résonner immédiatement avec toi. D'autres moins. Commence par celle qui te parle le plus, intègre-la sur quelques semaines, puis passe à la suivante.
C'est comme ça que ça marche.
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